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 Paroi de sarcophage qui fit partie du dallage à Saint-Etienne, où le va-et-vient des pieds des fidèles l'avait rendue fantomatique.  Paroi de sarcophage qui fit partie du dallage à Saint-Etienne, où le va-et-vient des pieds des fidèles l'avait rendue fantomatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
Jeux des vitraux sur le dallage des JacobinsJeux des vitraux sur le dallage des Jacobins 
 
 
L'essence d'une ville
sans essence
ou presque

 

 

 "Douceur de vivre" est l'expression la plus couramment utilisée à propos d'Agen. Il est vrai que la taille de la ville, sa situation géographique et ses ressources naturelles en ont toujours fait un petit coin de paradis, qu'il faut prémunir contre les atteintes pernicieuses de notre époque, s'il n'est pas trop tard.

Avec la ferme volonté de s'immiscer entre le rugby et le pruneau, ce magazine est créé par et pour les piétons invétérés, flâneurs, gourmands, frondeurs et curieux de tout, que sont les vrais Agenais. Tels qu'ils sont, ils font que la ville a une âme. Et ils ne souhaitent qu'une chose : c'est qu'elle en ait davantage.

 La première particularité d'Agen est le niveau de sa population, dont le chiffre est stable depuis 1946, soit autour de 33 000 âmes (plusieurs détails de ce genre se trouvent présentés par Wikipedia), ce qui semble idéal pour une ville "à taille humaine", un gros village où les gens vous sourient et vous disent bonjour sans vous connaître, où les automobilistes s'effacent pour vous laisser passer.
La position entre eaux courantes et coteaux verdoyants est également un avantage, de même le fait que le département se trouve niché entre les cornes d'abondance que sont la Dordogne, le Gers et le Tarn-et-Garonne. Là est son vrai et définitif territoire, comme Bruno Latour définit cette nécessité : le lieu dont on tire sa subsistance. Il faut le défendre d'autant plus fermement que la planification parisienne a piétiné Agen en en faisant le vassal administratif de Bordeaux et que la LGV, qui mettrait Toulouse à une grosse poignée de minutes, menace que celle-ci ne phagocyte Agen comme Montpellier l'a fait de Béziers. Il ne faudrait pas que la modestie et la discrétion, autres qualités agenaises, avec un gros zeste de paresse, l'empêchent de se faire respecter.
Notre magazine ambitionne de partager cet amour pour la ville en
montrant ses qualités secrètes et son caractère unique, avec les améliorations à lui souhaiter pour qu'elle reste désirable.
Aussi est-il un
guide, découpé en forme de dictionnaire, muni d'un agenda pour les dates à ne pas manquer, et d'un journal (ou "blog" en nouveau français) qui se balade au jour le jour dans les ruelles.
 
 
 
Cité voilée
 
Jusqu'à la saisie des biens ecclésiastiques et leur presque complète destruction (par des profiteurs plus que par des mécréants), Agen était un lacis de ruelles dont les hauts murs protégeaient les jardins et les cloîtres des nombreuses congrégations ; c'est peut-être de là que la ville tient son goût de cacher ce qu'elle a de mieux. Voyez cet amphithéâtre gallo-romain de dix mille places assises, qui serait une attraction touristique mondiale : à peine mis au jour, on le bétonne (il est ainsi "bien protégé", ironise - du moins on l'espère pour lui - un historien). Regardez la charmante gare qui, depuis 1882, offre sa promesse d'évasion dans l'alignement du boulevard Carnot : on la couvre d'une sorte d'abribus mollasson, démodé à peine construit. Le réfectoire des Jacobins ? kidnappé par le Trésor public. Le marché couvert façon Baltard ? écrasé sous un empilement de voitures aussi sottement qu'à Paris les Halles, ou à Toulouse le fabuleux marché des Carmes. Et maintenant voici le coteau de l'Ermitage, qui était depuis toujours l'atout majeur du paysage local, masqué en grande partie par une atrocité visuelle au bénéfice exclusif de centaines de véhicules ! Cet âge est sans pitié ? Non, il est surtout très bête : on sait que l'avenir est au bannissement des voitures individuelles dans les villes, donc que continuer à créer des places de parking est une sorte de suicide municipal à retardement.
 
La ville voilée, c'est comme un livre dont on tourne les pages. À l'abri des convoitises pour l'instant, il subsiste un copieux trésor d'éléments du patrimoine, outre les cent soixante-trois monuments publics répertoriés officiellement. Ils ont bonne figure et nous invitent à les découvrir. Riches d'histoire et de détails d'architecture raffinés, ils font l'orgueil parfois très discret de cette ville, et toutes les personnes qui vivent ici doivent en faire leur propriété. Et ainsi la défendre.