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 Un dimanche à La Garenne...

 

 

Avion de bois à propulsion pédestre, collection Galeries BillièresAvion de bois à propulsion pédestre, collection Galeries Billières

 

Agen : trois millions € de fonds publics annuels pour un aéroport local qui n'a aucun avenir économique ?

Une étude, reprise par de nombreux médias, démontre qu'en dessous de 50 000 passagers annuels, il n'y a pas de rentabilité à attendre des petites pistes : elles sont 76 en France qui n'assurent que 10 % du trafic aérien, tout en contribuant puissamment à une production de CO² trente fois supérieure à celle des TGV. Total de la dépense nationale pour cette fantaisie : un demi milliard, qui serait mieux employé dans l'entretien des lignes ferroviaires.


Tout le monde est d'accord là-dessus (certains sans pouvoir l'avouer, vu leur position sociale et leurs accointances variées). Alors pourquoi le fait-on ?

Parce que prendre l'avion apporte une satisfaction voluptueuse à l'égo du voyageur : il se sent littéralement au-dessus des gens ordinaires (c'est-à-dire les gens qui le font vivre, ses employés, ses administrés, ses clients s'il est banquier, notaire ou élu). Prendre l'avion, c'est être quelqu'un d'important.

C'est pourquoi ce voyageur supporte sans même y penser les inconvénients évidents de son choix : entre son domicile agenais et le centre de Paris, il lui aura fallu une fouille au corps, la confiscation des ciseaux à ongles, cinq moyens de transport successifs alternés avec pas mal de marche à pied, pour une durée totale dépassant trois heures trente, soit davantage que le train, dans lequel il aurait pu lire un livre entier, voire même travailler, ce que ne permet pas l'espace coincé de l'avionnette et le hachage du parcours en petits segments. Et, bien entendu, le billet d'avion coûte deux fois plus cher que celui du train en première classe, soit entre 300 et 400 € l'aller-retour. Mais
personne ou presque dans le petit avion d'Orly ne paye son billet de sa poche.

Il reste un argument, que le maire d'Agen croit imparable, un peu légèrement : une entreprise étrangère ne choisirait pas de venir s'installer dans une ville de la province française s'il n'y avait un aéroport à proximité. Vu de loin, c'est sans doute vrai. Mais une fois installée dans l'Agenais, ses collaborateurs finiront par préférer le TGV (départ 7h50, retour 22h06, avec au moins sept heures de présence à Paris et deux fois trois heures de confort).