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Boutiques

 En passant devant chez Charaire un beau matin je vis une soupière...En passant devant chez Charaire un beau matin je vis une soupière...

Une ville n'est vivante que si elle a des commerces nombreux, originaux et variés.

Agen comptait naguère deux cents épiceries de quartier (dixit Bertrand Solès). En cherchant bien, vous en trouverez une seule aujourd'hui, nichée derrière la bibliothèque mais ouverte tous les jours et jusqu'à 23 heures ; la mairie ne devrait-elle pas lui décerner la médaille de l'ardeur au travail ?

 

Du temps de sa splendeur commerciale, Agen conserve les traces magnifiques et curieuses de ses frontons (voir ce mot), mais aussi une poignée de boutiques élégantes et singulières, dont il faut profiter le plus possible avant que leurs animateurs ne se décident à prendre le large, sachant que personne sans doute ne saura en perpétuer l'esprit. En voici une petite sélection :

- la maison Charaire est une somptueuse accumulation de meubles anciens et d'objets désirables, bien servie par ses larges vitrines et l'ampleur des locaux, rue Jacquard, place Barbès et rue des Cornières, ainsi que par l'intelligence de la disposition des marchandises, façon décorateur. La famille s'est distinguée d'abord à Sceaux, où son imprimerie était le premier employeur de la ville et dont son fondateur, Michel, devint le maire très honoré, puis dans les années 1930 à Agen, quand Emile Charaire créa le café-restaurant-dancing de l'Ermitage, aux terrasses mémorables. Le magasin actuel a ouvert en 1937 et la tradition y est brillamment maintenue par Jacques Charaire. Téléphone 05 53 66 55 05.

- la quincaillerie familiale Fabre, ou chez l'Ali Baba du bricolage, du jardin et de la maison, pour amateurs et professionnels depuis bientôt cent ans. Grand magasin transversal à deux entrées : 185, boulevard de la République et 110, boulevard Sylvain Dumon ; téléphone 05 53 66 05 16, site.

- le Magasin Vert, au pied d'un bel immeuble bourgeois, chapellerie de confection et de création pour cérémonies, belle façade de marbre vert et de cuivre, rare vitrine bombée et beau mobilier en bois d'origine. Se trouve au 163, boulevard du président Carnot, téléphone 05 53 66 30 84. 

- le Casaquin doré est un superbe local avec un escalier à double révolution et une profusion de tissus, coupons et fourrures, où Michèle Saviane dessine, coupe et enseigne. Depuis 1976, c'est "la boutique de la femme élégante", dit son site au 32, rue des Cornières, téléphone 05 53 66 83 95.

 

Aux côtés de ces maisons ancestrales, quelques nouveaux venus tirent aussi leur épingle du jeu de la normalisation. Leur personnalité attirent l'attention, et on souhaite que leurs affaires prospèrent car elles enrichissent plus que les autres l'ambiance de la cité. Mais c'est l'affaire de tous : quand on entend une personne pleurer la disparition du Petit Marquis, on se demande combien de fois elle y était allée dans les six derniers mois.
On remarque ainsi la boutique de prêt-à-porter fluide pour dames de Chantal Dazin, 44 rue Molinier, en face de La Manufacture générale (jeune entreprise de création graphique avec une galerie de photographies). Au 15, soit au coin de la place de la cathédrale, Martine Barbé propose ses "trouvailles" amusantes, poétiques et utilisables : arts de la table, petit mobilier et modes des printemps passés.
En se glissant derrière le marché couvert, on remarque le magasin de Brigitte et Xavier Proux, qui insistent bien sur leur vocation d'artisans fleuristes plutôt que marchands de fleurs ; deux pas plus loin, un bistrot de maraîchers comme on n'en fait plus, formica d'époque, d'ailleurs il se nomme "Bistrot des Halles". Au 80 rue Montesquieu, la sérieuse chapellerie Bourdelin couvre les chefs des dames et des messieurs avec beaucoup de goût ; quelques pas plus loin, on visite L'Epicurium (fromages au lait cru et tables pour déjeuner).

Du daiquiri au blue lagoon, les gateaux de Jean-Pierre Semper inspirés par des cocktails fameuxDu daiquiri au blue lagoon, les gateaux de Jean-Pierre Semper inspirés par des cocktails fameux

Au 46, La Fabrique du pâtissier propose des gâteaux curieux, raffinés, de la guimauve maison et du bon pain enfin bien cuit ; il n'y a que la rue à traverser pour passer sous le store de la boucherie à l'ancienne et entrer chez Jean-Paul Labernade, en train de suspendre ses spectaculaires guirlandes de chorizo et de saucisse sèche comme les grands amateurs l'aiment (voir aussi son veau fermier).
Le magasin de décoration Influences, 24 rue Garonne, nous a enchantés : intelligence de la sélection d'objets modernes et de l'agencement des lieux en ont fait la réputation ; malheureusement les Dusserre mettent la maison en vente pour aller profiter de leurs arbres, du côté de Penne.
Enfin, on ne peut manquer (les éclats de son rire portent jusqu'au boulevard) l'horloger Thierry Kerihuel, niché au 35 rue Lafayette, où il répare horloges normandes, réveils, montres diverses et, apparemment aussi, compte-tours d'Alfa-Romeo vintage.

 

Magie des escaliers des Galeries Billières, aujourd'hui Muy MuchoMagie des escaliers des Galeries Billières, aujourd'hui Muy Mucho 

Librairies

 

 Au Moyen-Âge, il y avait ici quatre libraires, exactement comme aujourd'hui : outre l'évident Martin-Delbert, qui ressemble à une Fnac où le personnel serait enthousiaste, il existe trois petites librairies spécialisées (en religion, BD et best-sellers), mais il manque une librairie de la taille et du type de Livresse à Villeneuve. 

Leur nombre était bien plus élevé il y a peu d'années, quand trouvait non seulement Quesseveur place des Laitiers (dont la formidable enseigne de bois vient d'être supprimée pour de fallacieuses raisons alors qu'elle appartenait à la mémoire de chacun), mais bien d'autres, en particulier les bouquinistes : Dubois au 22 rue Voltaire, ou bien
rue Richard Cœur de Lion (La Marge) et encore Gauzy rue des Cornières. Il est d'ailleurs curieux de voir à Agen tant de boutiques de vêtements d'occasion et une seule de livres déjà lus. Dans le genre, il y a les guérites de livres à échanger. C'est une bonne chose et cela fonctionne très bien, il est vrai.

 Robes et vinyl chez King Bees MusicRobes et vinyl chez King Bees Music

 

Pour les nostalgiques, "Agen que j'aime" signale qu'il existe une page Facebook bien alimentée en images d'antan et en souvenirs de gens qui ont été jeunes et heureux dans cette ville quand elle avait encore sa cohérence sociale.