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Cloches et clochers

 

La France est un de ces pays où même les athées se sentent une petite fibre catholique, à cause de la magnificence de ses églises. Et Agen, peut-être plus qu'ailleurs, en regorge, puisqu'il fut un temps où la petite ville était en grande partie constituée de couvents : la "Vue perspective" de 1648 la montre hérissée de flèches de toutes tailles.

Restes de l'église Saint-Hilaire avec son clocher-tour, dit des Pénitents blancs.Restes de l'église Saint-Hilaire avec son clocher-tour, dit des Pénitents blancs.

 Les églises d'Agen "par deffault de repparation sen vont a ruyne" cite l'Atlas historique (vol. 2, p.151) et on a fait encore mieux avec la cathédrale Saint-Etienne, rasée en 1839. Alain Castéra, président du conseil de quartier (N° 15) a bien l'impression que le lieu va à vau-l'eau. En principe, les Bâtiments de France veillent au grain mais il arrive qu'ils regardent ailleurs. Alors voici ce qui peut se passer :

 

 

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Belle perspective sur la cathédrale, avant que la brise un manège incongruBelle perspective sur la cathédrale, avant que la brise un manège incongru

Le clocher de Saint-Caprais a remplacé en 1835 un ancien campanile en bois. Il se présente comme un catalogue bicolore du néo-gothique (à lancettes, rayonnant et flamboyant), un peu kitsch évidemment aux côtés des sublimes murs anciens.
De ses abat-sons s'envolent par moments des sonneries de cloches enjouées qui forment un élément très dynamique du paysage agenais :
- angélus à 8h05, 12h05 et 19h05 par la cloche 3 à la volée, annoncé par trois fois trois tintements sur la cloche 2. Ce léger retard est voulu pour ne pas chevaucher la sonnerie des heures  (on pourrait dire " Angélus ? Cinq après !" ; noter aussi que le premier angélus est décalé d'une heure par rapport à la coutume pour nous laisser dormir soixante minutes de plus) ;
- heures et demies de 8 à 21h sur cette même cloche, suivie respectueusement par la petite horloge de la tour surplombant la sacristie ;
- à 9h30 ou 10 h les jours de cérémonie, impressionnante sonnerie à la volée de l'ensemble des cinq cloches, dans l'ordre où leur poids les autorise à se mobiliser, la plus légère en premier, le bourdon de 2,9 tonnes en dernier. Superbe impression de vie dans la ville !

Détail des éléments : Cloche N° 1 (bourdon), coulée en 1844, note Si 2 (le chiffre indique la hauteur d'octave) ; N° 2, coulée en 1862, 1066 kg, note Mi 3 ; N° 3, coulée en 1845, 604 kg, note Sol 3 ; N° 4, coulée en 1895, 350 kg, note Si 3 ; N° 5, coulée en 1678, 133 kg, note Mi 4. Tendez l'oreille dimanche matin et essayez de les différencier, c'est amusant.

Le bourdon, trois tonnes pour un son majestueuxLe bourdon, trois tonnes pour un son majestueux

Le beffroi de bois supporte les cloches sans s'appuyer sur les murs ; il amortit le puissant balourd des cloches à la volée, faute de quoi le clocher de pierre pourrait éclaterLe beffroi de bois supporte les cloches sans s'appuyer sur les murs ; il amortit le puissant balourd des cloches à la volée, faute de quoi le clocher de pierre pourrait éclater

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



La société française de Campanologie, que nous remercions vivement pour ces informations, fait remarquer que la taille de la chambre des cloches et la structure du beffroi de la cathédrale agenaise sont telles que des cloches aux notes complémentaires pourraient fort bien y être installées à l'aise, qui contribueraient encore au panache de la cité.

Nous vous invitons à découvrir le passionnant art campanaire avec le site de l'association. Et aussi celui de l'entreprise campanaire qui entretient cette culture.

 

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Mais il existe aussi des fantômes de cloches, comme le bourdon de Saint-Étienne, qui pesait plus de cinq tonnes et faisait osciller le clocher de bois quand il se mettait en branle. On ne parvient pas à mesurer comment on a pu la dépendre et la casser en morceaux avec les moyens de 1793. Ou la cloche de la prison départementale (servait-elle à sonner les sorties ?) qui a également pris la clef des champs.