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Du poireau ou du piano ?

 

Quand la société va mal, dit Confucius, commençons par redonner leur vrai sens aux mots.

Prenez "culture" par exemple. Au départ, c'est l'ensemble des soins apportés à une terre pour qu'elle produise quelque chose de bon, comme des tomates ou des poireaux. Par extension, ce mot désigne aussi la fructification des dons naturels d'une personne, qui lui permet d'augmenter ses connaissances et, ainsi, d'améliorer ses facultés, son goût et sa capacité de jugement. Bref, d'acquérir sa liberté.
Aujourd'hui cependant, le titre "culture" recouvre dans la plupart des médias tout ce qui n'est pas économie, politique, sport et écologie ou santé. Sous ce vocable donc, ils glissent, d'un rapide coup de balai, tout le reste : télé, people, variétés, etc.
Autrement dit le "divertissement" - ce qui vous distrait de l'essentiel - finit par étouffer la culture. Le problème étant que les gens s'habituent à cette dérive et deviennent de moins en moins exigeants.

Les élus d'une ville ont tout intérêt à bien différencier les genres s'ils ont pour objectif, non seulement la distraction des habitants, mais aussi leur épanouissement moral.

En un mot, la cité idéale devrait ne pas dépenser un euro de moins pour les véritables services culturels que, par exemple, pour le sport.

 


Alors, que trouvons-nous à Agen ?

Justement, un discutable amalgame dans le budget culturel d'événements où des groupes semi-amateurs viennent brailler en "yaourt" (on ne sait ce qui sera le plus urgent pour eux, des cours de chant ou d'anglais) au point que la différence s'amincit entre Folies vocales, Fête de la musique, Marchés fermiers, Nuit des soldes et Pruneau chaud : c'est souvent le même concours de décibels approximatifs qui s'y rabâche. On suggérerait presque de faire auditionner ces artistes par les professeurs du Conservatoire avant de les programmer.

Cela une fois réglé, l'administration pourra bomber le torse.


Son plus gros budget va au Conservatoire, que des fonctionnaires monomaniaques ont tort d'appeler C.R.D.A. (comprendre "conservatoire à rayonnement départemental agenais"). En effet, le public risque d'être rebuté par la multiplication des sigles obscurs alors qu'il veut seulement savoir si le gamin et la gamine
ont une chance d'y apprendre le piano ou non. Donc ce Conservatoire a sept cents élèves et vingt-six enseignants, bon an mal an. On y prodigue un enseignement complet en trois cycles pouvant mener au professionnalisme dans toutes les sortes de musique, jazz compris, et la danse ; on trouvera plus de détails sur le site de la mairie. Un nouveau directeur est en action cette année, Jacky Lhiver, dont on attend qu'il développera la pulsion des familles à orienter leurs enfants vers de si magnifiques formations.
Pour cela un petit effort de communication s'impose, en commençant par l'utilisation d'un nom simple (Conservatoire ou École de musique) et l'implantation d'une image forte par le biais d'un website propre à l'institution, afin d'en refléter le dynamisme et la qualité, donner envie, ce que ne peut faire le très administratif portail municipal.
"Agen que j'aime" espère aussi que, très vite, un orchestre au moins de chambre et bientôt symphonique soit formé et puisse gagner un public en se produisant non pas dans des lieux obscurs mais à Ducourneau, qui semble lui tendre les bras. En outre, une synergie de création avec les beaux groupes artistiques locaux tels le Théâtre-école ou Chants de Garonne s'imposera d'emblée, car il n'y a pas d'avenir à accompagner L'Orfeo de Monteverdi à l'accordéon ou Le Barbier de Séville au piano. Notons aussi que le Conservatoire accueille déjà le chœur Oratorio et l'harmonie dite Agen orchestra, ce qui en fait une pépinière de bonnes volontés.

Toute ville qui se respecte se doit d'avoir son orchestre de musique classique et de l'aider de toutes ses forces à devenir célèbre, car c'est également sa propre notoriété qui est en jeu.

Émargent également au budget communal les Archives - où se consultent les ouvrages sur l’histoire d’Agen et du département, le Revue de l’Agenais et la collection du journal « le Petit Bleu »
depuis1967 - et le Centre culturel de la rue Ledru-Rollin. Ce dernier n'est pas seulement la salle d'expositions bien connue mais un vrai centre de culture, qui abrite de nombreuses activités attrayantes pour tous les âges, goûts et niveaux. Le riche programme 2018-2019, ci-contre, est ouvert aux inscriptions. Entre des cours de japonais ou de philatélie, on y trouve les enseignements artistiques dont Agen, qui n'a pas d'école des Beaux-arts, est mal pourvue. Par ailleurs, signalons l'existence d'un atelier privé pour la formation au trompe-l’œil, à la nature morte et à la peinture de décors : à l'ombre de Saint-Caprais, Michel Nadaï enseigne et organise des stages de haut niveau avec des maîtres invités depuis 2018. Ci-dessous, un panneau représentatif de ce que l'on apprend à réaliser dans cette école :

 

 
Les cartes maîtresses du jeu culturel agenais sont l'académie, le musée, le grand théâtre et la bibliothèque, carré d'as à chacun desquels nous consacrons une pleine page et qui ont aussi pour mission essentielle de contribuer à rehausser le niveau culturel local.

En effet, dénoncer l'élitisme comme on l'entend souvent faire dans les propos électoraux est une erreur, basée sur une déviation du sens du mot. Il faut au contraire vanter auprès des gens et surtout des plus jeunes l'ambition d'être meilleur, voire le meilleur. Leur donner à la fois l'envie et les moyens d'y parvenir. Autrement dit, accéder à l'élite est l'affaire de tous.

Dans cette optique, "Agen que j'aime" suggère à la prochaine équipe municipale de multiplier par dix les subventions allouées aux quatre institutions ci-dessus en les finançant par de légères économies sur les projets somptuaires et sans grande perspective, comme le stade, la liaison aérienne, la TAG, etc.