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Hôtellerie variée

 

Une recherche rapide sur les hôtels agenais nous dit qu'il y a du choix :

- hôtels de tourisme ;
- hôtels particuliers ;
- hôtels de passe ;
- hôtel du département.

Regardons-y de plus près.

 

Hôtels de tourisme

Au milieu du siècle dernier, le nombre des grands hôtels du centre disait quelle grande ville était Agen : prestigieux Continental et Jasmin-Terminus en face de la gare, Regina sur Carnot, hôtels de Bordeaux et de Paris à Jasmin, Grand Hôtel du Midi dans le style rococo-byzantin (le voir ici) et Périgord qui fut un temps la star de la Porte du Pin, tous deux massacrés par le tsunami automobile permanent... sans compter les dizaines de moyens et petits établissements dans toutes les rues, comme le Quercy, anciennement Néracais, 10 rue de la Grande Horloge. Le plus mystérieux reste le Central Moderne, sur lequel il existe si peu de documentation (une enquête passionnante est en cours, paraît-il). Tous avaient du style, tous ont fermé.

De nos jours, le visiteur un peu exigeant a du mal à trouver gîte à son goût tellement l'architecture hôtelière de la ville est médiocre et n'offre que des chambres à peine plus grandes que le lit, d'ailleurs ni large ni confortable, assorties d'une absence presque forcenée de service et de charme. Seuls les tarifs font "grande ville".

S'il faut vraiment faire coucher un ami de passage - et pas trop regardant - nous réservons à l’hôtel d'appartements situé rue Lafayette (prix assez élevé, pas de ménage, petit-déjeuner à fournir soi-même), tandis que les plus dépensiers optent pour les Jacobins, un petit hôtel "de charme" dans un beau quartier, où il faut savoir payer pour la poésie. Nous en parlions le 27 août 2018 dans "La vie qui va".

 

Hôtels particuliers

Sauf erreur, ils se comptent sur les doigts d'un manchot : Hutot de Latour, Escouloubre, Amblard, Saint-Phelip et Sevin. On peut y ajouter la belle maison Jailles. Qu'ils soient claquemurés par des habitants sans doute en train de compter leurs lingots d'or, ou saucissonnés en petits appartements sans chic, ni volume, ni histoire, ou encore à l'état de déréliction en attendant que les héritiers fassent de même, aucun ne se visite, excepté ceux qui ont été réunis pour former le musée ; heureusement pour nous, ce sont les plus beaux.

 

Hôtels de passe

 "Vous ferez plus de cabrioles en un mois à Agen que dans dix ans à Bordeaux" écrivait Montesquieu, pour stigmatiser le cul pincé des Bordelais et, accessoirement, signaler qu'Agen est une ville normale. Péripatéticien de la délinqance, Jean-Michel Armand met cette citation en exergue de ses visites de la vieille ville et du fascicule Le Lien numéro 8, le bulletin d'histoire judiciaire et pénitentiaire du département, qu'il est possible de se procurer à l'Enap ou à l'Office du tourisme, ou encore en PDF ici. Cette intéressante publication est illustrée de mines patibulaires de souteneurs et de (pas très) frais minois des pauvres filles, et elle montre les minables façades que ces lieux mal famés sont devenues (effort d'imagination nécessaire : vous ne trouverez plus Gracieuse au 2 rue des Cailles, ni la tenancière Teddy avec sa dague ficelée à la cuisse en cas de transaction tournant au vinaigre, 22 rue Roussannes à l'hôtel Victoria, soit 150 mètres à pied depuis la Kommandantur).
Ce guide ne propose pas d'adresses pour les temps actuels, les sites de rencontre sur smartphone ont tout gâché.

 

Hôtel du Département

Louis XIV a doté Agen d'un Hôpital général des Pauvres, dont Lacépède a bien voulu financer la construction. Le résultat est ce gigantesque bâtiment possédé aujourd'hui par le Conseil général dont on imagine que, malgré le nombre vertigineux de ses conseillers, il ne parvient pas à le remplir. Peut-être faudrait-il lui suggérer d'y loger des migrants, dont la Ville ne veut pas, et ainsi que la destination des lieux le préconisait royalement. Après tout, n'est-il pas inscrit "hôtel" sur son fronton ?