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Murs mystères

 

 

Certaines maisons qui semblent avoir eu une existence intéressante sont toujours là, mais leur histoire est maintenant oubliée : quelle a été leur raison d'être, qui les a désirées, dessinées, de quand datent-elles, etc. Aussi "Agen que j'aime" fait-il appel à la culture ou à la mémoire des Agenais qui savent ce que savent les murs. Merci de nous faire partager ces connaissances, pour le bénéfice de tous, en utilisant le formulaire de contact.

 

 

En ce moment, par exemple, nous creusons les secrets du Grand Hôtel du Midi, devenu Urssaf, EDF-GDF puis Office des Rapatriés, qui le quitte cette semaine :

Déjà "restauré à neuf" lors de la parution de la carte postale ci-dessus, le Grand Hôtel du Midi proposait des chambres à 7 francs pour les VRP mais à 2 francs si vous étiez membre du TCF. Et un "Omnibus à tous les trains" (même si la gare n'est pas très loin). Noter sur cette image la brochette d'enfants avec petits chiens assis sur le trottoir, image d'un monde tranquille. Aujourd'hui, les jolis petits rideaux du rez-de-chaussée (la salle à manger ?) ont laissé la place à de rébarbatives grilles.
L'architecture de cet établissement en faisait un hôtel de luxe. Elle, au moins, est toujours là. Le bruit court que c'est l'agence de Charles Garnier qui l'a conçue. Datant sans doute de la fin du XIXe siècle et de style néo-renaissance, elle offre de beaux détails très soignés, qui méritent que les pouvoirs publics s'intéressent à ce que la majestueuse bâtisse de pierre va pouvoir devenir.

Façade principaleFaçade principale

Porte d'entrée. La plaque cintrée  "Gd Hôtel du Midi", qui était placée entre les deux corbeaux, a disparuPorte d'entrée. La plaque cintrée "Gd Hôtel du Midi", qui était placée entre les deux corbeaux, a disparu

Sonnette de nuit et belle platine extérieure en fer forgé de style gothique, qui soutient la porteSonnette de nuit et belle platine extérieure en fer forgé de style gothique, qui soutient la porte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le fronton au-dessus de l'entrée porte toujours l'enseigne "GRAND HÔTEL", qui commence à réapparaître sous le crépi dont EDF-GDF l'avait recouverte, et en train de s'effriter.

Balcon au premierBalcon au premier

Détail de l'enseigneDétail de l'enseigne

Fronton avec l'enseigneFronton avec l'enseigne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                     

Le porche majestueux du garage date du temps où les automobiles étaient une bizarrerieLe porche majestueux du garage date du temps où les automobiles étaient une bizarrerie

 

 

 

 

Façade latérale. Remarquer les petites ouvertures très stylées au RDC, sur cette façade et à l'arrièreFaçade latérale. Remarquer les petites ouvertures très stylées au RDC, sur cette façade et à l'arrière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les petites ouvertures en pierre du garage, avec fines colonnettes surmontées de ressauts Les petites ouvertures en pierre du garage, avec fines colonnettes surmontées de ressauts

 D'importants étais de fonte posés sur consoles de pierre soutiennent le plafond du garageD'importants étais de fonte posés sur consoles de pierre soutiennent le plafond du garage

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

Plafond à caissons de l'entrée de l'hôtelPlafond à caissons de l'entrée de l'hôtelLobby de l'hôtel, avec son escalier de travertin et rambarde de marbre blancLobby de l'hôtel, avec son escalier de travertin et rambarde de marbre blanc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Détail des placards encadrant la cheminée de la salle à manger Détail des placards encadrant la cheminée de la salle à manger La salle à manger est encore dans l'état d'origine (le lustre seul n'est pas d'époque) : dallage de ciment teinté, lambris, plafond peint et cheminée de marbre blancLa salle à manger est encore dans l'état d'origine (le lustre seul n'est pas d'époque) : dallage de ciment teinté, lambris, plafond peint et cheminée de marbre blanc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Coupole au sommet du grand escalier, munie d'un plafonnier ovale en albâtre Coupole au sommet du grand escalier, munie d'un plafonnier ovale en albâtre

Vue depuis une chambre du premier étageVue depuis une chambre du premier étage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Double construction au 6 impasse Jasmin (ex Voltaire, ex Saint-Antoine). Face à face dans une cour, deux bâtiments excitent notre curiosité par leur ampleur, leur symétrie et la noblesse de leurs proportions, enrichie de belles colonnes en pierre, les deux du centre doriques à cannelures, le tout supportant trois arceaux en plein cintre. La partie supérieure de la façade est en briques, percée de trois petites ouvertures encadrées de pierre (malheureusement agrandies et dénaturées sur l'un des deux bâtiments) et surmontée d'un fronton singulier. Un très grand soin fut apporté au dessin et à la réalisation de l'ensemble. Alors, qu'a-t-il à nous raconter ?

 

Au fond de la même impasse, une propriété privée ferme ses vantaux sur une des entrées du couvent des Jacobins, dont il semble bien qu'une partie du logis principal tente de nous faire signe par-dessus l'ancien potager. Est-ce le cas ?

 

 

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Ci-dessus, un autre mystère : qu'y avait-il là, avant que se construise l'appartement-hôtel ? On sait que ce fut l'emplacement du premier hôpital Saint-Jacques, jusqu'au XVIe siècle, et, il y a cent ans, l'hôtel Central Moderne, où Hubert Nautré le propriétaire eut à recevoir - avec bonheur, ou consternation ? - la Kommandantur, le 11 novembre 1942, soit 40 personnes qui avaient trouvé le Regina trop petit.
Après quoi, la clinique du docteur Esquirol a remplacé l'hôtel Central et divers obscurs petits bars très accueillants de la venelle Rochambeau. La lanterne d'ardoise à quatre pentes qui surplombe l'entrée actuelle provient de l'ancien hôtel, démontée et remontée à l'aplomb du nouvel établissement ; la tour à l'angle de la rue, dans le même style romantico-troubadour, n'a pas bougé.

En épluchant des coupures récentes de La Dépêche du Midi, nous avons retrouvé des images du chantier de démolition, avec la tour au coin de la rue, conservée mais oblitérée par la construction nouvelle, qui mord sur ses fenêtres. On aurait pu mieux faire !

Etat de la façade avant démolition de la clinique. On devine que ce fut là l'entrée de l'Hôtel Central Moderne, alors cachée par le bloc opératoire.Etat de la façade avant démolition de la clinique. On devine que ce fut là l'entrée de l'Hôtel Central Moderne, alors cachée par le bloc opératoire.

Le bloc opératoire, construit sur le parvis de l'ancien hôtel.Le bloc opératoire, construit sur le parvis de l'ancien hôtel.

Préparation soignée de la structure avant son déplacement0Préparation soignée de la structure avant son déplacement0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Déplacement du lanterneau. La construction à droite offre un passage voûté qui devait donner dans le salon de l'hôtel.Déplacement du lanterneau. La construction à droite offre un passage voûté qui devait donner dans le salon de l'hôtel.Le lanterneau en attente de son futur emplacement.Le lanterneau en attente de son futur emplacement.

 

Le 4 juillet 2019, "Agen que j'aime" découvre, grâce à Bruno Desportes, architecte du cabinet Marraud, à quel emplacement se trouvait le lanterneau du temps de l'hôtel Central Moderne : il en coiffait l'entrée. Celle-ci se trouvait au coin de la rue Rochambeau, flanquée de la tour et du lanterneau. Celui-ci était repérable depuis la place de la Cathédrale par la rue Roussanes à l'intention des voyageurs venus de la gare (c'était avant que la passerelle d'un grand magasin vienne barrer la perspective). De même, on le retrouve aujourd'hui depuis la rue Molinier, au bout de la rue des Ambans, grâce à une sage préconisation de Gérard Diot.

Alors, quelqu'un a-t-il des images de cette façade en 1940 ? On dirait que tout le monde a oublié cet établissement marqué par l'histoire, et qui fut sans doute un lieu prestigieux pour la ville Curieusement, excepté la vue du hall, aucune image publicitaire ne traîne dans les archives ni chez les collectionneurs de cartes postales. A vos greniers...

 

 

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Et puis, qui connaît le secret de cette folie gothico-mauresque érigée entre deux petites maisons anodines du quartier Jayan ? On y accède par un escalier métallique extérieur et la porte donne dans une première pièce semi-circulaire, d'où l'on peut monter à un petit salon ou bibliothèque, ou cabinet de travail pour quelque Victor Hugo local (?). L'endroit est charmant, bien construit et en bon état. On brûle d'en savoir davantage...

Enfin, notre curiosité est excitée par "La Palmeraie", ci-dessous, dont la belle entrée 1900 avec un long passage couvert se dresse au coin d'une place sans nom donnant sur la rue Raspail. Conduit-elle à une masure ou à un palais ? On aperçoit des palmiers, en tout cas.

 

Pour les amateurs de mystères et de portes à pousser, nous signalons la très belle arrière-salle à plafond peint du Bistrot des Halles, installé sur ce qui fut sans doute une partie de l'ancien évêché ; pour obtenir l'autorisation de visiter, le mieux est d'offrir une tournée générale. Aussi à découvrir (c'est le cas de le dire), la façade classée du 78 rue Montesquieu, masquée par une triste construction sur la rue et que peu de gens ont vue. Se mettre devant la porte et attendre que quelqu'un sorte, pour voir.