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 Palmarès des belles maisons

 

 

Cliché J.-L. Zimmermann, 2010.Cliché J.-L. Zimmermann, 2010.

 

 

Le joyau Art nouveau ci-contre est unique pour l'homogénéité de son décor sensuel, dû à Éphraïm Pinêtre, un architecte dont la patte se remarque sur deux autres réalisations du boulevard Carnot (voir plus bas). La maison figure sur l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, à la suite de nombreuses bâtisses plus anciennes et plus classiques ; en voici la liste.

Hormis ces chefs-d’œuvre officiels, Agen possède plusieurs habitations de belle apparence dont les splendeurs font rêver les passants, même si elles sont parfois un peu fanées, et un peu aussi pour cette raison.

Notre sélection est en cours. Voici les premiers lauréats.

 

 

 

Au palmarès des dix maisons les plus réussies figure en premier cette énigmatique bâtisse proche du Stadium, dont les larges galeries à colonnettes de style néo-corinthien présentent un indéniable cachet ; un petit jardin sur le devant ajoute de l'élégance à un lieu qui mériterait une reprise en main par un amateur attentionné qui se refuserait à un tronçonnage en appartements


 

                                                

Difficile à voir et à photographier dans son ensemble, cet imposant hôtel particulier de l'étroite rue Sentini, fut apparemment conçu pour une double occupation, comme en témoignent les hautes portes jumelles à faces de lions, de part et d'autre du vaste local traversant (aujourd'hui un cabinet d'architecte), qui est surmonté de deux appartements au plan en U. Celui du premier étage dispose de terrasses. Ils donnaient à l'arrière sur un beau jardin, maintenant saccagé au bénéfice de nombreux véhicules du voisinage.

 

 

 

 

 

 

 

Les lois de l'esprit architectural (sagesse et sobriété) inspirent la belle façade de pierre de l'hôtel de Raymond. Il appartint aux Secondat, famille d'où est issu l'auteur de L'esprit des lois. C'est la raison pour laquelle la vantardise agenaise assure parfois que c'est la maison de Montesquieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Ma maison", c'est ainsi que les Petites Sœurs des
               Pauvres surnommaient cet établissement d'accueil pour les jeunes filles en peine (peut-être gardent-elles ce nom pour les lieux beaucoup plus vastes où elles ont déménagé, à pied notez-le bien). C'est un sublime bâtiment de
briques et de pierre qu'elles ont laissé derrière elles, avec son style éclectique un peu Tudor un peu baroque, son gigantesque figuier passant bien au-dessus la balustrade du mur d'enceinte et sa remarquable galerie de bois ouvragé.

L'ensemble mérite bien de figurer au palmarès des dix plus remarquables maisons d'Agen, et même un classement.

 Il vient de changer de mains, et on appréhende ce qu'il va en advenir : le figuier a été la victime du premier jour et les directives de l'Architecte des Bâtiments de France concernant les menuiseries semblent  avoir été mal comprises puisque, si des fenêtres "à petits bois en saillie" ont bien été installées sur la ruelle, ce sont de lugubres menuiseries alu avec vitre-miroir d'un seul tenant qui défigurent maintenant la façade sur la place.

On ne voit plus qu'elles et l'anachronisme est violent.
Est-ce
provisoire ?
L'ABF part en vacances... Suspense...

    

     

 

 

 

 

 

 

 

 


 

A son retour de congés, monsieur l'Architecte en chef ira aussi cogner à l'impressionnante porte de l'hôtel dit d'Amblard, 1 rue de Floirac, dont la façade et la toiture sont inscrits à l'ISMH depuis 1950, afin de donner son avis sur la couleur des menuiseries et des contrevents, qui seraient plus en situation à Palavas-les-flots que sur un édifice dû à Charles Leroy, architecte du duc d'Aiguillon, et datant de 1773.

 Au premier plan à gauche, la tour du Chapelet. Plus haut, la bâtisse en question, assez banale si ce n'était son parcAu premier plan à gauche, la tour du Chapelet. Plus haut, la bâtisse en question, assez banale si ce n'était son parc

 

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Vue d'avion, une terrasse-salon-salle-à-manger digne d'un prince saoudien.Vue d'avion, une terrasse-salon-salle-à-manger digne d'un prince saoudien. 

 

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Éphraïm Pinêtre est un architecte de la fin du XIXe siècle dont seule la maison Art nouveau est classée, mais qui a considérablement œuvré dans la ville et aux alentours, en mêlant habilement le style néo-gothique et l'Art nouveau, qu'apparemment il affectionnait plus que ses clients : maison du vétérinaire Grenier à Port-de-Penne, château Barran à Laroque-Timbaut, etc. Plusieurs de ses réalisations agenaises sont toujours debout et elles forment un parcours intéressant, presque toutes sur le boulevard Carnot :

Construite pour un huissier, cette villa au 87 a été rapidement défigurée par une extension parallélépipédique du salon sur le jardin à gauche, puis par l'érection d'un minable immeuble mitoyen.Construite pour un huissier, cette villa au 87 a été rapidement défigurée par une extension parallélépipédique du salon sur le jardin à gauche, puis par l'érection d'un minable immeuble mitoyen.Façade au décor typique de l'Art nouveau au 104 boulevard Carnot avec encadrements de fenêtres expressifsFaçade au décor typique de l'Art nouveau au 104 boulevard Carnot avec encadrements de fenêtres expressifs

Bel hôtel néo-classique au numéro 32, dont les éléments surenchérissent pour culminer avec la toiture redondante. Rare signature de l'architecte dans le cartouche au coin à gaucheBel hôtel néo-classique au numéro 32, dont les éléments surenchérissent pour culminer avec la toiture redondante. Rare signature de l'architecte dans le cartouche au coin à gauche

 

 

Cette ébouriffante grille du même architecte se trouve au rond-point du Pont de pierre. Son dessin rappelle la cheminée d'angle de la villa au 87 Carnot et dénote le goût marqué de son auteur pour le modelé végétal de la pierre. Étrangement, elle donne aujourd’hui sur un jardin en contrebas et une maison d'un style plus banal. On croit savoir qu'elle fit l'objet d'un sauvetage in extremis par le directeur du théâtre, Bruno Rapin, et le bon Paul Chollet, maire jusqu’en 2001. Cela expliquerait sa situation insolite ; elle semble même avoir été remontée (joints neufs ?). Sans doute nos lecteurs pourraient-ils nous raconter son histoire ? De même, des informations sur Éphraïm Pinêtre nous intéresseraient : le fichier Agorha de l'Institut national d'histoire de l'art ne connaît que son fils, né en 1901.