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Scènes

 

Antoine Calbet, son "Allégorie de la musique" au plafond peut-elle remplacer un orchestre sur la scène ? Antoine Calbet, son "Allégorie de la musique" au plafond peut-elle remplacer un orchestre sur la scène ?

 

- Théâtre Ducourneau. L'intéressante histoire de l'établissement est en ligne. Mais on remarque assez vite qu'il est fréquemment appelé "ancien théâtre" sur de nombreux sites, autrement dit désaffecté, même sur l'inventaire de référence (base Mérimée).
Pourtant cette architecture somptuaire ne déparerait pas une ville de, disons, un
million d'habitants : par exemple Toulouse est plus mal lotie avec un théâtre logé dans une aile de l'hôtel de ville et une salle de concerts récupérée sur les combats de catch. Le monument qu'est Ducourneau contribue donc puissamment au caractère majestueux de la place Esquirol. Seulement, il s'agit aussi d'un outil considérable qui dépasse les ambitions de la municipalité : une majorité de "seul en scène" et d'auto-complaisances has been sont au programme, un programme dont la version papier est aussi diaphane que monotone, souffrant très fort de la comparaison avec celui de Villeneuve, alors que l'endroit est puissamment taillé pour les grands concerts, le boulevard, l'opérette ou encore les classiques, français ou étrangers avec un zeste de polémique de temps en temps. L'Europe regorge de troupes créatives et d'orchestres ambitieux qui se contentent souvent de scènes plus mal fichues. Alors, Ducourneau, une allégorie du théâtre ?
Ce qu'il lui faudrait, grâce à une municipalité pleine d'ambition, c'est une tête folle, mégalomane et aventureuse, débauchée dans les jeunes plantes de la direction de spectacles ayant fait leurs preuves quelque part (les innombrables chroniques théâtrales de Mathieu Perez, par exemple, peuvent donner des pistes).

 

- Théâtre du Jour. C'est à la fois une salle de spectacles, une école de théâtre et une compagnie, le tout fondé il y a un quart de siècle par Pierre Debauche, récemment disparu. Le lieu, éloigné dans les bas-fonds, est un ancien dépôt pharmaceutique ; son aménagement un peu bricolé en théâtre de structure élisabéthaine est d'autant plus convaincant que la jeune troupe y est toujours d'une fraîcheur et d'un dynamisme sans faille. Programmation éclectique, voir le site. Pour la dernière saison, "Agen que j'aime" a surtout applaudi La Balade du Grand Macabre, de Michel de Ghelderode. Un festival d'été fait aussi partie du jeu, de même que "Le théâtre des bout'choux" et ses spectacles ciblés, assorti d'un atelier d'initiation des gamins et des gamines, avec goûter, tous les mercredis. Bref, un chaudron d'activités dont la ville peut être fière !

- Le Florida. Un bien drôle d'endroit, dont l'ambitieuse façade streamline attire l'attention. Music-hall des années folles jusqu'aux années 1970, le Florida accueillait les grands noms de la chanson populaire (Joséphine Baker, Edith Piaf, Brel, etc.). Devenu cinéma et rapidement moribond, l'impulsion inattendue de Marie-Thérèse François-Poncet l'a fait transformer en un lieu dédié aux musiques amplifiées, doté d'une salle de concert, de studios de répétition, d'enseignement, et d'un RDC de rencontre avec bar. Les événements s'y bousculent dans le plus vaste échantillonnage sonore (manquant un peu du piment de l'avant-garde cependant). tails et programme sur ce lien ainsi que certaines dates dans l'agenda. Le programme en papier du Florida est clair, joli et dépourvu de fautes de français.

- Atelier Théâtre de L'escalier. Détails et programme sur ce lien.

- Le Contrepoint, café-théâtre. Minuscule scène du côté de chez Jasmin, qui n'exclut ni les hauts ni les bas, doublée d'un sympathique bar pour un verre avant et d'un restaurant ouvert tard, pour après. Détails et programme sur ce lien.

- La Tannerie. Espace fourre-tout dont la façade est soigneusement entretenue dans le style des lieux où se produisaient les Sex Pistols à leurs débuts. Détails et programme sur ce lien.

- Cinémas. Le réseau de cinémas du centre-ville avait été regroupé dans un complexe bizarre (les matelas Paillas !)  et sans véritable entrée, nommé Carnot, bientôt assassiné par l'érection d'une multisalle au-delà des remparts ; celle-ci fut baptisée Cap Cinéma parce qu'il "fallait y aller !" Aujourd'hui, la ville s'engage à faire un jour quelque chose du vieux Carnot, et le multiplexe de banlieue porte un nouveau nom encore plus mystérieux qui n'a aucun rapport avec la CGT ; les films y sont tous doublés en français, ce qui écarte les cinéphiles. Savez-vous que Orson Welles a interdit que ses films soient doublés ? Heureusement, l'ancien lycée Jules Ferry propose maintenant deux bonnes salles et une excellente programmation par Les Montreurs d'images, toute en VO sous-titrée, peu de temps après les sorties nationales. Noter aussi qu'il s'y trouve un bar et du personnel motivé. Ambiance colonie de vacances. En outre, c'est peut-être le seul cinéma au monde qui soit surmonté d'un carillon de treize cloches de 1887, inscrit en tant que Monument historique, et qu'il serait facile de programmer pour qu'il joue, à certaines occasions comme les festivals ou les rétrospectives, la musique d'un film célèbre : ravissement garanti ! Les services culturels de la ville sont autorisés à prendre note de cette suggestion.

Mais s'il est enfin possible de satisfaire tous les publics d'Agen, on regrettera qu'il n'existe plus aucun écran dans le vrai centre, ce qui est un facteur aggravant de désolation nocturne.