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La vie qui va


           Chaque semaine, il se passe quelque chose.

          C'est parfois important, bête ou simplement curieux,
        c'est la vie qui va, au jour le jour.

 

 

 

30 juillet : Le maire d'Agen n'est pas assez méfiant. Quand il décide d'une "animation musicale" place des Laitiers par un groupe qui se présente comme "acoustique", il devrait s'attendre au résultat : cinq heures de hurlements des "chanteurs" qui tentent de couvrir le boucan de leurs percussions technoïdes, comme c'est la règle, aujourd'hui, de toute "animation". Pourtant, c'était clair : il ne fallait pas en confier la responsabilité à un organisme appelé "Monte le son" !

 

15 juillet : Non contentes de toucher leur commission, les agences immobilières ont la récente manie de se faire un peu de publicité gratuite en affichant "Vendu !" sur les façades cédées, ce qui a un peu l'air de traiter de crapule l'ancien ou le nouveau propriétaire, involontairement bien sûr. Or, ce panneau assez infamant vient de faire une apparition remarquée sur la propriété Lomet, intéressante surtout pour son double parc, ses écuries murées et sa fontaine romantique classée. L'endroit fut longtemps à l'abandon et en friche, comme pour laisser l'oubli effacer les horreurs qui s'y commirent pendant l'occupation. Ainsi que le savent les Agenais qui lisent des livres d'histoire, où qui en furent témoins parce qu'ils sont nés en 1930, l'hôtel particulier fut en effet le siège du SIPO-SD (on dit "Gestapo" par erreur, mais le résultat était aussi abject). Là, avec l'aide des collabos issus de la pègre locale, la torture ou le meurtre était monnaie courante dans ses caves et son grenier. On souhaite aux futurs habitants que ne les dérangeront pas trop les gémissements nocturnes des fantômes en quête de réparation (en cas d'insomnie, ils peuvent lire à ce sujet le passionnant Collaboration et épuration en Lot-et-Garonne 1940-1945, de Jean-Pierre Koscielniak, Editions d'Albret, 2003.)
Collaboration et épuration en Lot-et-Garonne, 1940-1945 | RakutenCollaboration et épuration en Lot-et-Garonne, 1940-1945 | Rakuten

 

30 juin : Le confinavirus n’en finit plus. Les gérants de discothèques s’organisent en mini-lobby pour convaincre Madame la préfète que leur activité est socialement de première nécessité (en effet : se murger pour échanger des bisous avec les copains barbus voire rouler des pelles à une inconnue et frotti-frotter jusqu’à l’aube sur une piste exigüe pour enfin se payer une petite baston à la sortie, cela semble vital). Dans le même temps, le théâtre Ducourneau dévoile son affiche 2020-2021 à huis-clos car seuls les vieux abonnés sont admis : sur les 636 sièges (1 000 à l’origine !), on n’en trouve que 250 disponibles. Ce n’est pas encore que les Agenais sont incités à profiter en foule de leur théâtre. D’autant que le programme ne fait pas trop rêver : côté musique, c’est toujours la tendance popinette et variétoche qui gagne (sauf une Création de Haydn le 6 mai), le reste offre de multiples dates au « seul-en-scène » (bien que le plateau mesure 100 m²) : on a même un Phèdre dans ce format au rabais le 3 février. Par ailleurs, on note que le théâtre se taille une large place : outre La Mouche pièce de néo-boulevard venue des Bouffes du Nord, Tchekhov, Corneille, Racine, Shakespeare, Molière, Beaumarchais... sont représentés dans cette saison, ce qui induit un léger malaise : ne craint-on pas de couper les classiques sous les pieds du Théâtre du Jour ? Détails des 76 dates de Ducourneau ici.

 "La Mouche" aux Bouffes du Nord, Paris
"La Mouche" aux Bouffes du Nord, Paris

 

12 juin : les rues piétonnes interdites aux piétons ? Les restaurants profitant largement des largesses (c'est le mot) de la fantaisie gouvernementale, leurs terrasses tendent à occuper tout le terrain. Promeneurs, cyclistes et fauteuils roulants ne peuvent plus s'y croiser et il faut donc, si on est poli, s'effacer et laisser passer les gens d'en face, tout en respirant les odeurs de frichti, d'aisselles et de cigarettes des bruyants attablés. Rues Molinier, Sentini, Molière etc. sont déjà touchées et à éviter. Sauf s'il pleut.

 

9 juin : triple sourire au Théâtre du Jour, avec l'annonce du parrainage de chacune de ses promotions par les éminents personnages que sont Benoît Solès, Elsa Lepoivre (ci-dessous) et Jean-Claude Drouot. Ces professionnels sont des proches, anciens élèves et amis fervents de l'école ; ils assureront une masterclass et, par ailleurs, leur présence lumineuse dans le décor ne manquera pas de contribuer à raffermir la respectabilité du lieu vis-à-vis des élucubrations et vibrations obscures venues d'en-haut.

Elsa Lepoivre - SensCritique

 

3 juin : "Agen que j'aime" a eu la curiosité de visiter le marché de la Porte du Pin dimanche dernier et en est revenu bredouille tellement les achats lui sont apparus compliqués. Un marché, ce doit être un lieu où le consommateur papillonne en comparant les prix, les provenances et le baratin des vendeurs, soit le contraire d'une corvée. Heureusement, les restaurants préparent leur réouverture, sans quoi on perdrait trop de poids !

 

23 mai : découvrant que la terreur et la coercition ne suffisent pas vraiment à guérir les maladies, nos gouvernants se résolvent à restituer un semblant de liberté aux braves gens, avides de respirer un peu et d'oublier le confinavirus. Entre temps, certains auront gagné beaucoup d'argent en vendant des masques (obligatoire pour faire du nudisme, ne pas l'oublier), la redoutable 5G se sera insidieusement ramifiée, l’agrobusiness aura multiplié les épandages de glyphosate et les chasseurs auront affuté leurs tromblons afin d'éliminer tous ces affreux animaux qui en auront profité pour s'accoupler et proliférer. C'est la vie qui va.

 

23 avril : pendant que l’État patauge dans des atermoiements à n'en plus finir avec les conséquences horribles que l'on connaît (la France fait partie des quatre pays les plus mortifères du monde pandémique), nous voyons la vie quotidienne de notre petite ville - qui est nettement moins menacée que tant d'autres endroits du pays - transformée en prison de plein vent par l'application outrageusement sévère de règlements concoctés dans les bureaux parisiens : interdiction de rire, de respirer, de marcher, de manger sain pour pas trop cher... fruits et légumes de l'agro-industrie, tout juste bons pour en faire des photos, sont seuls disponibles au marché-parking et à des prix de cauchemar (de 15 à 20 € le kilo d'asperges ou de fraises, sans parler des amandes).

En contrepartie, on vous offre des amendes, voire des menaces de coups de matraque ou de prison ferme. Il y a comme qui dirait de la disproportion dans l'air. Et en attendant, les fraises et les asperges pourrissent chez les petits producteurs.  

http://myculinarycurriculum.blogspot.comhttp://myculinarycurriculum.blogspot.com

 

 

12 avril : pendant que préfecture et mairie s'emberlificotent sans raison et que le ministre de l'agriculture préconise la réouverture de tous les marchés de plein vent, voici la meilleure nouvelle de la semaine : on peut redonner une vie piscicole à notre fleuve favori. 
En effet, "l’esturgeon européen (Acipenser sturio), le saumon atlantique (Salmo salar), la truite de mer (Salmo trutta trutta), la grande alose (Alosa alosa), l’alose feinte (Alosa fallax), la lamproie marine (Petromyzon marinus), la lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis) et l’anguille européenne (Anguilla anguilla)" étaient chez eux dans la Garonne. Une association bien soutenue peut aider à les faire revenir, comme
Le Petit Bleu nous le fait miroiter. Justement il manquait un poissonnier au marché du samedi à Jasmin !

 

6 avril : impéritie et imprévision seraient-elles les deux mamelles des gens qui nous gouvernent ? Après avoir reconnu que les marchés de plein air sont indispensables mais qu'il faut les organiser au goutte à goutte et à la baguette, Préfecture et Mairie s’étonnent de voir que ce n'est pas facile à conjoindre. Tout compte fait, ne vaudrait-il pas mieux lâcher du lest pour que les gens s'autorégulent naturellement ? Car, aujourd’hui à 16 heures, dans l'exigu Carrefour central il y avait plus de cent personnes en famille et les trois caisses étaient largement saturées. Qui étaient ces gens ? Ceux qui n'avaient pu entrer hier à la Porte du Pin ?

 

25 mars : dans un entretien de ce jour avec un journal local, le maire d'Agen répond à nos observations sur les marchés de plein air en mettant en avant son obligation (son désir ?) de se soumettre aux ordres venus de très haut. Bien sûr, c'est son droit et sa philosophie, de même que le maire de Toulouse pense (et obtient) le contraire. Mais il nous semble que, compte tenu de la conjoncture et de la démonstration que les anciennes méthodes politiques ne seront jamais plus à la hauteur des événements mondiaux, les élus locaux devront se poser en défenseurs de leurs territoires et non plus en relais de décisions incohérentes et inefficaces prises de loin. C'est du sang jeune et combatif qu'il va nous falloir à l'avenir dans nos communes.

 

23 mars : le Conseil D’État, qui ne va pas souvent faire ses courses pour manger, a enjoint au Premier ministre de fermer les marchés de plein air. Ce dernier ayant obtempéré, comme toujours, et la permanence municipale ayant fait de même, voilà les Agenais privés de produits alimentaires frais, sains et à des prix supportables, avec une occasion de respirer un peu. Le marché central, ses produits de luxe et son supermarché agro-industriel, font exception : ils restent ouverts à toute promiscuité, de même que les innombrables hypers de l'agglomération, encore qu'à vingt minutes de bus confiné ! Tout cela étant passablement malsain, la Chambre d'agriculture a donc suggéré à Monsieur l'ex-et-futur maire de demander une dérogation à Madame la préfète, que l'on ne voit pas souvent à la Porte du Pin ni même à Jasmin, comme lui (pendant la campagne électorale en tout cas) . 

 

11 mars : le torchon brûle sur les écrans. La 3ème salle des Montreurs donne des sueurs froides à l'exploitant  d'en face (voir ici). Pourtant, les programmes obstinément populaires de CGR n'ont rien à voir avec les films tiers-mondistes et bien pensants du Studio Ferry ; on peut même dire qu'avec sa haine de la version originale, le multiplexe se ferme aux vrais cinéphiles, qui ont ainsi été empêchés récemment de voir des films comme "Starwars" ou "Brooklyn Affairs" (voir un film avec Bruce Willis et Willem Dafoe parlant avec l'accent parisien, help!) Donc vivement que le studio Ferry ait une salle spéciale pour des films grand public en langue originale, compris ? 

 

27 février : voilà le parvis de Saint-Caprais assez vaste pour dégrader plusieurs capitaines Dreyfus à la fois. On peut dire que c'est un sacré progrès ! Mais on peut dire aussi que la crise du climat aurait plutôt voulu que l'on ajoute douze peupliers supplémentaires à l'allée existante. Au moins, les piqueniqueurs du mois d'août pourront-ils se faire frire un œuf en le cassant directement sur une des dalles. Quant aux pleurnichements des automobilistes qui découvrent leur carrosserie tachetée par les arbres, peut-on suggérer qu'il devraient aller se garer à la gare ?

Et pour bien peaufiner cette place dévolue à l'architecture ancienne, il est paraît-il question de réinstaller le manège en sous-sol pour libérer la perspective. Toutefois, le déménager place Castex coûterait moins cher et ferait d'une pierre deux coups : ce moignon de boulevard déshérité gagnerait beaucoup à un peu d'animation enfantine.

 

20 janvier : Agen classé 75ème commune "où il fait bon vivre", loin derrière Clermont-Ferrand ou Clichy. Quelle déception pour ses habitants, qui voient les choses autrement, quel camouflet pour la municipalité qui se gargarise en permanence (électorale) de ses excellents résultats. En 2020, il va falloir se ressaisir pour rendre la ville attrayante en améliorant ses points faibles : indigence des espaces verts, de l'ombre et des fontaines, surabondance de voitures en stationnement partout sauf dans les parkings de dissuasion, refonte totale des commerces : la ville n'offre en majorité que du prêt-à-porter bas de gamme, des agences immobilières, des banques et des assureurs, à défaut des commerces de proximité dont surtout les alimentations, inexistantes dans le centre depuis des années.


7 janvier : les mystères des tombeaux de Saint-Caprais sont déjà en partie dévoilés par les archéologues, sur le blog de la société Eveha. Voici enfin la face cachée du couvercle du sarcophage, "administré" au tractopelle :

 http://www.eveha.fr/wp-content/uploads/2020/01/detail_rosace_sarco-768x576.jpg