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Ville en campagne !

 

Petit journal éphémère du mois électoral de 2020 et en attendant 2026

 

 

 

 

 

 

12 décembre : lors du dernier conseil municipal, il nous semble avoir entendu (on n'est pas sûr, à cause du masque) le maire se plaindre de ce qu'Indigo ne gagne pas assez d'argent avec son garage au minium pour payer des droits à la Ville : effectivement, cette société a réussi à seulement capter 137 abonnés et se retrouve avec 300 à 350 places vides en permanence. Mais la solution est pourtant simple, monsieur le maire et madame la première adjointe, il suffit de doubler le prix des innombrables places de stationnement qui encombrent et étouffent la cité, ainsi vous en atténuerez la pollution et vous enverrez des bagnoles se garer à la gare, de façon qu'Indigo vous verse enfin des sous ! Cela s'appelle faire d'une pierre trois coups.

 

10 décembre : Caussade nous bassine ! Est-il acceptable que notre maire, qui par définition représente ses administrés, apporte sa caution à des causes perdues tel le "lac" de Caussade ? Cette initiative, nous disent la préfecture et les journaux, est illégale, donc elle se trouve défendue par des hors-la-loi.

Pire encore, ce genre de retenue d'eau égoïste est non seulement néfaste pour l'équilibre de la nature mais, en plus, elle constitue un scandaleux gaspillage dû à l'évaporation ; les scientifiques appellent cela une "bassine", comme il est expliqué dans l'article en lien. Le nouveau conseiller municipal Laurent Bruneau n'a pas manqué de s'offusquer à raison sur le sujet. Ce jeune homme serait-il déjà en campagne ? (Dans ce cas, il ne lui reste que cinq ans pour s'acheter un peigne et un rasoir).


 

2 mars : notre programme électoral (un peu tard pour le soumettre au vote mais encore assez tôt pour le conseiller, d'autant qu'il sera encore plus valable en 2026) :

- POUBELLES. Rien ne sert de traiter les Agenais d'incivilisés, il vaut mieux agir sur la situation telle qu'elle est et empirera, ce qui veut dire une collecte sept jours sur sept, plus une flotte de petits véhicules qui tournent en permanence pour évacuer les déchets qui réapparaissent comme par magie. Il faut d'autre part renoncer à la monstrueuse idée de créer des permanences de putréfaction puante aux coins des rues, comme ces pauvres gens du quartier des îles en font l'amère expérience en ce moment. Trouve-t-on notre programme de collecte coûteux ? Doubler la taxe "O.M." devrait suffire à le financer.

- CHIENS. Un de nos lecteurs suggère que soit attribué à chaque animal un collier minéralogique qui permettra de taxer son propriétaire d'environ 100 € par an pour financer le nouveau service de nettoyage permanent : Cacacanin. Par an et par bête : on voit certaines personnes se balader nonchalamment tout le journée avec une meute de cinq toutous, dont la production excrémentielle est à l'avenant ("à lavement" disait l'auteur de San Antonio).

- AUTOMOBILES. Elles sont évidemment trop nombreuses pour une aussi petite ville, faite en majorité de venelles tortueuses. La municipalité idéale (celle qui en a vraiment dans le pantalon, pour parler en rugbyman) décidera de remplacer toutes les places de stationnement des ruelles par des arbres (ceux qui font de l'ombre) ; en effet, les grands parkings toujours à moitié déserts défigurent Agen sans remplir leur rôle de dissuasion. Ce plan courageux s'accompagne évidemment de la gratuité totale des transports en commun, comme plusieurs villes intelligentes ont commencé à le décider, avec passage de la navette toutes les cinq minutes au maximum (et non quinze ou seize quand il pleut). Une forte campagne de pédagogie doit être lancée pour, entre autres, faire prendre conscience à tous les propriétaires de ces tanks et de ces minicamions appelés "SUV" que rien n'est plus ringard, vu la direction que le monde prend.

- ARBRES. Toutes les placettes libérées de leurs voitures doivent être plantées de feuillus variés : ils sont producteurs d'ombre, d'humidité et aspirent le CO². Mais attention, pas deux ou trois de ci de là, au moins un arbre au mètre carré ! Imaginez alors le bien-être des places Esquirol, Barbès, Pouzet, des Droits de l'homme, Caillives, la lugubre place de la Tannerie et la délicieuse place de la République... on se sentirait renaître. Merci monsieur le maire ! 

- COMMERCES. Il faut établir un numerus clausus pour freiner la prolifération des agences immobilières et des franchises redondantes, telles les enseignes de PAP-BDG (prêt-à-porter bas-de-gamme) qui étouffent la diversité urbaine. Ce sont de vraies épiceries ouvertes l'après-midi qu'il nous faut, pas des distributeurs de produits industriels, et avec des prix plus humains que ceux du marché-parking, lequel est réservé à l'élite des riches Agenais. On dirait que son fonctionnement à mi-temps et encore, partiel, les prix de la nourriture doivent y être multipliés par deux !

 

29 février : les quarante futurs adjoints au maire ont les mollets qui enflent à force de sillonner les quartiers et les marchés en tous sens, interpeller, sourire et argumenter. Faire sourire aussi, sans l'avoir voulu, quand le maire jure que 5 000 arbres seront plantés mais attention, des petits, avec des racines courtes pour ne pas endommager les trottoirs qui ont coûté si cher. Des sortes de géraniums si l'on comprend bien ! Il est donc à craindre que ceux des Agenais qui survivront aux 45° de 2030 auront du mal à trouver de l'ombre intra muros si on ne s'y met pas tout de suite (le faire en 2014 aurait été mieux, mais bon...).

 

25 février : la campagne commence à ressembler à celle de Napoléon en Russie : beaucoup d'ardeurs effilochées remplissent les caniveaux. D'abord ce fut la cas des communards populaires, qui comprirent mais un peu tard que sans grosse tête ni tête d'affiche ni affiches, il valait mieux renoncer. Un communiqué (payant dans la presse en ligne, donc personne ne l'a lu) faisait état du sabordage et en expliquait sans doute le pourquoi. Dans le même temps, la permanence de l'opposition était soufflée par un citoyen noctambule. On en vit l'effet contristant sur le visage de la candidate le lendemain. Las ! les sondages discrets n'allaient pas lui donner le sourire : L'équipe du maire actuel ayant repris à son compte une bonne partie de ses propositions, nous allons vers un scrutin à un tour et même terminé à midi.

 

2 février : la campagne à la ville ! Dans chaque rue, les marchés et ailleurs, on ne peut plus faire un pas sans buter sur des "tracteurs" de chaque bord.
Les journaux claironnent que l'ancien maire a réussi le tour de force d'équilibrer sa liste : un tiers de droite, un autre tiers de droite et un dernier tiers de droite mais sans étiquette. Slogan : "Agen, même 2020" (et même en 2026 ?) ; on dit que la campagne pourrait ajouter un clin d’œil aguicheur à un électorat négligé mais qui attend son heure. L'opposition a, quant à elle, réuni chaleureusement tous les fonds de tiroirs de la politique ancienne : verts, PC, PS, RdG et bien d'autres, dont on a oublié les noms ; "Souffle, citoyen !" est son slogan. Enfin, une liste "communale populaire" qui ne veut pas être une liste et qui se refuse à avancer des noms vous propose de ne pas la remarquer ; il semble qu'elle émane des cendres même plus fumantes de la France insoumise mais rien n'est sûr. Le slogan ? "Pas de slogan !" (Les amateurs de mystères peuvent toujours demander des éclaircissements à asscompopagen@orange.fr)